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jeudi 12 août 2010

Fantasia chez les ploucs

Roman adultes - Roman noir
Fantasia chez les ploucs

Charles Williams
Gallimard (Folio policer), 2008 - 293 p.

Note : 5/5

Quatrième de couverture : La plus fantastique chasse à l'homme du siècle... confusion indescriptible... véritable ruée de volontaires... une prime de 500 dollars... recherchée par le FBI, la police de 23 États et autant de gangsters notoires, la ravissante et déjà célèbre Caroline TchouTchou se serait enfuie presque nue dans les marais... toute la région participe aux recherches...
Décidément, on ne s'ennuie pas à la campagne et, s'il y a des ploucs, ils gagnent à être connus... Finley le prédicateur azimuté... Gimerson qui pleure ses cochons... Le shérif qui devient fou... Et l'oncle Sagamore ! Celui-là, dans son genre, il confine au génie... Ce n'est peut-être pas pour rien si tout se trame sur ses terres... De quoi faire pleurer les z'honnêtes gens... Mais allez prouver quoi que ce soit...


Tout le charme du bouquin vient du fait qu'il est narré par Billy, un petit garçon de 7 ans. Il parle donc avec ses propres mots et sa vision des choses : naïve mais extrêmement attachante.

Sam Noonan (le papa de Billy), un bookmaker véreux, part se mettre au vert dans la ferme très reculée de son frère Sagamore. On est alors en pleine Prohibition, et il s'avère que l'oncle Sagamore, un fainéant à la répartie jubilatoire, fabrique de l'alcool de contrebande. Le shérif et ses adjoints ont un seul objectif : le coincer et le mettre enfin sous les verrous.
Mais voilà que débarque le docteur Severance accompagné de sa "nièce", Miss Harrington, jeune femme au corps splendide qui passe son temps en bikini tout riquiqui... Les "chasseurs de lapins" en smoking et armés de mitraillettes ne tardent pas à montrer le bout de leur nez...

C'est un roman vraiment jubilatoire qui tient évidemment à la ruse et aux combines de ses deux frères mais aussi et surtout à la narration. Le petit Billy ne fait que répéter naïvement ce qu'il voit et entend sans ne jamais rien comprendre à ce que bricolent réellement son père et son oncle. La lecture se fait donc en simultané aux premier et second degrés. C'est hilarant...

Un peu dans le même style, vous pouvez vous lancer dans 1275 âmes de Jim Thompson.

→ À lire d'urgence !

samedi 23 janvier 2010

Shutter Island

Roman adultes - Thriller
Shutter Island

Dennis Lehane
Rivages (Rivages Noir), 2009 - 392 p.

Note : 5/5

Quatrième de couverture : Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un groupe de bâtiments à l'allure sinistre. C'est un hôpital psychiatrique pour assassins. Le Marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités de cette prison-hôpital car l'une des patientes, Rachel Solando, manque à l'appel. Comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre incohérente d'une malade ou cryptogramme ? Progressivement, les deux policiers s'enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu'au choc final de la vérité.
Shutter Island a été récompensé par le Grand Prix des lectrices de Elle en 2004.

Tout ça commence à me rendre drôlement nerveux, Teddy.
Un hôpital psychiatrique pour dangereux criminels sur une île perdue à la végétation hostile, une violente tempête qui empêche toute communication avec le reste du monde, des infirmiers et médecins plus flippants encore que les patients eux-mêmes : nous voilà plongés dans un univers glauque suscitant quelques hérissements de poils, un monde exclusif de schizophrénie et de paranoïa. L'ambiance y est oppressante, la sensation de conspiration et de manipulation y est omniprésente.

Nous débarquons sur l'île en même temps que les deux marshals, nous la découvrons avec eux... Qu'est vraiment cette île ? À quoi sert-elle vraiment ? Les malades sont-ils réellement fous ou les a-t-on "aidé" à le devenir ? Et que font des gardes armés devant un hôpital ? Comment sont réellement soignés ces malades ? Y a-t-il des expériences illégales sur l'île ? Pourquoi tout le monde semble si hostile à la présence des deux marshals ? Que cherchent-ils à cacher ?! Autant de questions sans réponses... jusqu'au choc final.

Il est très difficile de parler de Shutter Island sans en dévoiler l'énigme. Dennis Lehane est un maître pour ce qui est d'embobiner le lecteur, de le tenir en haleine, de provoquer des rebondissements et des dénouements aussi inattendus qu'époustouflants. Shutter Island est un roman noir, très noir, un thriller psychologique majestueux. C'est tout simplement un chef d'œuvre.

→ Il vient d'accéder au rang d'Incontournable dans ma bibliothèque.

samedi 3 octobre 2009

1275 âmes

Roman adules - Polar
1275 âmes

Jim Thompson
Gallimard (Folio policier), 2008 - 259 p.

Note : 5/5

Quatrième de couverture : « Je m'appelle Nick Corey. je suis le shérif d'un patelin habité par des soûlauds, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses, et des salopiaux de tout acabit. Mon épouse me hait, ma maîtresse m'épuise et la seule femme que j'aime me snobe. Enfin, j'ai une vague idée que tous les coups de pied qui se distribuent dans ce bas monde, c'est mon postère qui les reçoit. Eh bien, les gars, ça va cesser. Je ne sais pas comment, mais cet enfer va cesser. »

Je ne connaissais absolument pas Jim Thompson avant de lire ce bouquin. C'est un roman noir, très noir... mais c'est aussi un roman hilarant. Nick Corey est le shérif d'un petit patelin dans le trou du cul du monde, il a une femme et des maitresses, et sa principale activité quotidienne est d'en faire le moins possible et de s'occuper le moins possible des autres, surtout lorsqu'ils ont des problèmes. Et il semble que ça ait bien fonctionné jusqu'à présent puisqu'il est toujours shérif. Mais voilà, les élections approchent, et il se pourrait bien que son rival arrive à le battre... Premier problème. Et puis il y a aussi ces deux maquereaux qui lui ont mal parlé... Deuxième problème. Il faut agir... et les soucis s'enchainent... et deviennent de plus en plus gros, de plus en plus gênants... Et ce Nick Corey que tout le monde prend pour un imbécile et pour un vaurien n'est peut être pas tout à fait ce qu'il parait être...

Premier paragraphe :
« Eh ben, mes enfants, je devrais l'avoir belle. Être peinard, ce qui s'appelle. Tel que vous me voyez, je suis le shérif en chef du canton de Potts, et je me fais pas loin de deux mille dollars par an — sans compter les petits à-côtés. En plus, je suis logé à l'œil au premier étage de l'immeuble du tribunal, et il faudrait être bougrement difficile pour ne pas se contenter de ça : il y a même une salle de bain, ce qui fait que j'ai pas à me laver dans une lessiveuse ni à patauger jusqu'au fond du jardin pour aller aux cabinets, ce qui est le cas de la plupart des habitants de ce pays. Moi, mon paradis, je peux dire que je l'ai sur terre. Un vrai filon, que je tiens là, et pourquoi je continuerais pas à faire ma pelote, du moment que je m'occupe de mes oignons et que je prends bien garde de n'arrêter personne, à moins que je puisse pas faire autrement - et encore, à condition que ça ne mène pas loin ! »

→ Je me suis régalée. Je l'ai dévoré... Et le savant mélange de violence, de noirceur, de comique et d'ironie fait qu'on rit tout au long du bouquin... D'abord, on rit franchement, on se moque... puis, plus on avance dans le sordide, plus on rit jaune... et finalement, on rit noir... mais c'est bon, c'est vraiment bon.


mercredi 5 novembre 2008

Un nom de torero

Roman adultes
Un nom de torero

Luis Sepulveda
Seuil (Points roman noir), 2008 - 183 p.

Quatrième de couverture : Juan Belmonte, ancien guérillero chilien, et Frank Galinsky, ex-membre de la Stasi, sont engagés par des parties adverses pour retrouver un mystérieux trésor disparu au Chili. Épris de liberté et de justice, ces deux hommes ont tout sacrifié à leurs idéaux politiques. Revenus de leurs illusions, ils entament leur ultime aventure : un duel sanglant au bout du monde.

Ca fait des lustres que ça ne m'était pas arrivé : j'ai adandonné la lecture de ce roman... La quatrième de couverture est alléchante, et je suis bien persuadée que le roman est chouette... mais j'étais carrément paumée. En toile de fond : l'histoire et la politique de l'Allemagne (RFA/RDA puis Allemagne réunifiée), du Chili, du Paraguay, de Cuba, de certains pays africains aussi... Bref, ça me dépasse un peu. Je le reprendrai certainement, mais plus tard...