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jeudi 12 août 2010

Fantasia chez les ploucs

Roman adultes - Roman noir
Fantasia chez les ploucs

Charles Williams
Gallimard (Folio policer), 2008 - 293 p.

Note : 5/5

Quatrième de couverture : La plus fantastique chasse à l'homme du siècle... confusion indescriptible... véritable ruée de volontaires... une prime de 500 dollars... recherchée par le FBI, la police de 23 États et autant de gangsters notoires, la ravissante et déjà célèbre Caroline TchouTchou se serait enfuie presque nue dans les marais... toute la région participe aux recherches...
Décidément, on ne s'ennuie pas à la campagne et, s'il y a des ploucs, ils gagnent à être connus... Finley le prédicateur azimuté... Gimerson qui pleure ses cochons... Le shérif qui devient fou... Et l'oncle Sagamore ! Celui-là, dans son genre, il confine au génie... Ce n'est peut-être pas pour rien si tout se trame sur ses terres... De quoi faire pleurer les z'honnêtes gens... Mais allez prouver quoi que ce soit...


Tout le charme du bouquin vient du fait qu'il est narré par Billy, un petit garçon de 7 ans. Il parle donc avec ses propres mots et sa vision des choses : naïve mais extrêmement attachante.

Sam Noonan (le papa de Billy), un bookmaker véreux, part se mettre au vert dans la ferme très reculée de son frère Sagamore. On est alors en pleine Prohibition, et il s'avère que l'oncle Sagamore, un fainéant à la répartie jubilatoire, fabrique de l'alcool de contrebande. Le shérif et ses adjoints ont un seul objectif : le coincer et le mettre enfin sous les verrous.
Mais voilà que débarque le docteur Severance accompagné de sa "nièce", Miss Harrington, jeune femme au corps splendide qui passe son temps en bikini tout riquiqui... Les "chasseurs de lapins" en smoking et armés de mitraillettes ne tardent pas à montrer le bout de leur nez...

C'est un roman vraiment jubilatoire qui tient évidemment à la ruse et aux combines de ses deux frères mais aussi et surtout à la narration. Le petit Billy ne fait que répéter naïvement ce qu'il voit et entend sans ne jamais rien comprendre à ce que bricolent réellement son père et son oncle. La lecture se fait donc en simultané aux premier et second degrés. C'est hilarant...

Un peu dans le même style, vous pouvez vous lancer dans 1275 âmes de Jim Thompson.

→ À lire d'urgence !

mardi 27 juillet 2010

Ce cher Dexter

Polar
Ce cher Dexter

Jeff Lindsay
Points thriller, 2006 - 308 p.

Note : 4/5

Quatrième de couverture : Il est lui-même serial-killer quand il ne s'emploie pas à les traquer. Lui, c'est Dexter, expert au service médico-légal de Miami. Un homme tout à fait moral : il ne tue que ceux qui le méritent. Mais aussi très méticuleux : il efface toute trace de sang après avoir découpé les corps... Un jour, il est appelé sur les lieux d'un crime perpétré selon des méthodes très semblables aux siennes. Dexter aurait-t-il rencontré son alter ego ? Ou serait-ce lui qui...? Impossible...


Dexter Morgan, expert des tâches de sang pour le service médico-légal de Miami est l'exemple parfait du gendre idéal : bel homme, charmant, bien intégré dans la société... sauf qu'il est aussi un impitoyable serial-killer. Oui mais voilà, ce n'est pas un serial-killer ordinaire : certains de ses "confrères" ne s'attaquent qu'aux blondes, d'autres qu'aux enfants, Dexter, lui, ne tue que les serial-killers qui ont échappé à la justice... un serial-killer de serial-killers, en somme.

Dexter Morgan tue donc les serial-killers restés impunis, mais il n'est pas un justicier. Il est un meurtrier de sang froid à qui son père adoptif, un flic, a imposé une éthique : puisqu'il ne peut pas s'empêcher de tuer, et puisqu'il sait qu'il tuera quoi qu'il arrive, autant tuer ceux qui en ont "besoin". La question de l'innocence est fondamentale pour lui, il doit être certain de la culpabilité de sa victime pour pouvoir assouvir pleinement ses plus bas instincts. Alors il tue ; il tue parce qu'il ne peut pas s'en empêcher, parce que c'est un besoin vital ; il tue parce qu'il cohabite avec une voix intérieure, "Le Passager Noir", qui lui ordonne de passer à l'acte.

Je me sentais beaucoup mieux. Comme toujours, après. Tuer me fait le plus grand bien.

Tout se passe donc pour le mieux jusqu'au jour où il est confronté à une série de meurtres de prostituées, "œuvre" devant laquelle il va tomber en admiration tant le travail est "admirable"...

Le roman est rédigé à la première personne. On suit Dexter pas à pas, et on découvre un homme qui se dit dépourvue de toute humanité, qui se déclare incapable de ressentir le moindre sentiment. C'est un roman farci d'humour noir et grinçant, ce n'est certainement pas de la très grande littérature, on passe un très bon moment. Vivement la suite...

Article précédemment publié sur Le Chemin des aiguilles.

samedi 23 janvier 2010

Shutter Island

Roman adultes - Thriller
Shutter Island

Dennis Lehane
Rivages (Rivages Noir), 2009 - 392 p.

Note : 5/5

Quatrième de couverture : Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un groupe de bâtiments à l'allure sinistre. C'est un hôpital psychiatrique pour assassins. Le Marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités de cette prison-hôpital car l'une des patientes, Rachel Solando, manque à l'appel. Comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre incohérente d'une malade ou cryptogramme ? Progressivement, les deux policiers s'enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu'au choc final de la vérité.
Shutter Island a été récompensé par le Grand Prix des lectrices de Elle en 2004.

Tout ça commence à me rendre drôlement nerveux, Teddy.
Un hôpital psychiatrique pour dangereux criminels sur une île perdue à la végétation hostile, une violente tempête qui empêche toute communication avec le reste du monde, des infirmiers et médecins plus flippants encore que les patients eux-mêmes : nous voilà plongés dans un univers glauque suscitant quelques hérissements de poils, un monde exclusif de schizophrénie et de paranoïa. L'ambiance y est oppressante, la sensation de conspiration et de manipulation y est omniprésente.

Nous débarquons sur l'île en même temps que les deux marshals, nous la découvrons avec eux... Qu'est vraiment cette île ? À quoi sert-elle vraiment ? Les malades sont-ils réellement fous ou les a-t-on "aidé" à le devenir ? Et que font des gardes armés devant un hôpital ? Comment sont réellement soignés ces malades ? Y a-t-il des expériences illégales sur l'île ? Pourquoi tout le monde semble si hostile à la présence des deux marshals ? Que cherchent-ils à cacher ?! Autant de questions sans réponses... jusqu'au choc final.

Il est très difficile de parler de Shutter Island sans en dévoiler l'énigme. Dennis Lehane est un maître pour ce qui est d'embobiner le lecteur, de le tenir en haleine, de provoquer des rebondissements et des dénouements aussi inattendus qu'époustouflants. Shutter Island est un roman noir, très noir, un thriller psychologique majestueux. C'est tout simplement un chef d'œuvre.

→ Il vient d'accéder au rang d'Incontournable dans ma bibliothèque.

dimanche 4 octobre 2009

Double assassinat dans la rue Morgue

Roman ado - Polar
Double assassinat dans la rue Morgue
suivi de « La lettre volée »

Edgar Allan Poe - (Traduction de Charles Baudelaire)
Gallimard (Folio junio), 1991 - 129 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : En pleine nuit, des cris épouvantables réveillent les habitants du quartier Saint-Roch. Dans le conduit de la cheminée, au quatrième étage, on découvre une jeune fille étranglée. Sa mère gît sur les pavés de la cour, décapitée. Comment un tel crime a-t-il pu se produire alors que la porte et les volets de la chambre, affreusement dévastée, sont verrouillés de l'intérieur ? Un certain Dupin s'intéresse à l'affaire...
Une ténébreuse énigme du grand Edgar Allan Poe, suivie de la non moins magistrale Lettre volée.


Deux des trois nouvelles des enquêtes d'Auguste Dupin, gentilhomme vivant de rente.
Dupin résout les énigmes simplement en procédant de façon logique, en réfléchissant, en observant, en analysant.
Edgar Allan Poe est considéré comme étant le père du roman policier, notamment grâce à son personnage de Dupin. Ce sont les prémices des enquêtes policières dans les romans. Dupin donnera naissance à ce qu'on appellera plus tard les « arm-chair détectives ».

→ Je l'ai lu pour combler ce que j'estimais être une lacune dans ma culture littéraire. Voilà qui est fait, mais force est de constater que les polars ont beaucoup évolués... et c'est très bien ainsi ! C'est un peu lourdaud à lire...


samedi 3 octobre 2009

La jeune fille à la perle

Roman adultes
La jeune fille à la perle

Tracy Chevalier
Quai Voltaire, 2002 - 271 p.

Note : 4/5

Présentation de l'éditeur : La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delf, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. La ville est aussi prospère que rigide. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune étant très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur de la jeune fille, sa vivacité, sa sensibilité émeuvent le maître. Il l'introduit dans son univers. A mesure que s'affirme leur intimité, la tension et la suspicion règnent dans la maisonnée, le scandale se propage dans la ville.
Tracy Chevalier s'est inspirée d'un des plus célèbres et mystérieux tableaux de Vermeer,
La jeune fille à la perle, pour écrire ce roman envoûtant sur la corruption de l'innocence. C'est l'histoire d'un coeur simple sacrifié au bûcher du génie.

Roman tout doux, et tout violent à la fois. Il y a, au premier plan, l'histoire attendrissante de cette jeune servante qui a émue le peintre au point d'être la seule personne autorisée à pénétrer dans l'atelier du Maître ; il y a, en filigrane, l'histoire de la perte de l'innocence. Griet n'était qu'une enfant lorsqu'elle est entrée au service de la famille de Vermeer, mais les événements auxquels elle a dû faire face durant ces années de service lui ont violemment ôté toute forme d'innocence.

J'ai adoré ce roman. Je me voyais évoluer dans cette Delft du 17ème siècle, dans ses ruelles, au milieu des étals des marchés... Je sentais l'odeur des pigments que Vermeer faisait broyer à Griet, l'odeur de peinture. J'étais dans cet atelier, dans cette maison, dans cette ville... Et je n'avais qu'une crainte : celle de finir trop vite le bouquin et de n'avoir pas suffisamment profité de cette atmosphère envoutante.

→ Très très joli petit roman...


1275 âmes

Roman adules - Polar
1275 âmes

Jim Thompson
Gallimard (Folio policier), 2008 - 259 p.

Note : 5/5

Quatrième de couverture : « Je m'appelle Nick Corey. je suis le shérif d'un patelin habité par des soûlauds, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses, et des salopiaux de tout acabit. Mon épouse me hait, ma maîtresse m'épuise et la seule femme que j'aime me snobe. Enfin, j'ai une vague idée que tous les coups de pied qui se distribuent dans ce bas monde, c'est mon postère qui les reçoit. Eh bien, les gars, ça va cesser. Je ne sais pas comment, mais cet enfer va cesser. »

Je ne connaissais absolument pas Jim Thompson avant de lire ce bouquin. C'est un roman noir, très noir... mais c'est aussi un roman hilarant. Nick Corey est le shérif d'un petit patelin dans le trou du cul du monde, il a une femme et des maitresses, et sa principale activité quotidienne est d'en faire le moins possible et de s'occuper le moins possible des autres, surtout lorsqu'ils ont des problèmes. Et il semble que ça ait bien fonctionné jusqu'à présent puisqu'il est toujours shérif. Mais voilà, les élections approchent, et il se pourrait bien que son rival arrive à le battre... Premier problème. Et puis il y a aussi ces deux maquereaux qui lui ont mal parlé... Deuxième problème. Il faut agir... et les soucis s'enchainent... et deviennent de plus en plus gros, de plus en plus gênants... Et ce Nick Corey que tout le monde prend pour un imbécile et pour un vaurien n'est peut être pas tout à fait ce qu'il parait être...

Premier paragraphe :
« Eh ben, mes enfants, je devrais l'avoir belle. Être peinard, ce qui s'appelle. Tel que vous me voyez, je suis le shérif en chef du canton de Potts, et je me fais pas loin de deux mille dollars par an — sans compter les petits à-côtés. En plus, je suis logé à l'œil au premier étage de l'immeuble du tribunal, et il faudrait être bougrement difficile pour ne pas se contenter de ça : il y a même une salle de bain, ce qui fait que j'ai pas à me laver dans une lessiveuse ni à patauger jusqu'au fond du jardin pour aller aux cabinets, ce qui est le cas de la plupart des habitants de ce pays. Moi, mon paradis, je peux dire que je l'ai sur terre. Un vrai filon, que je tiens là, et pourquoi je continuerais pas à faire ma pelote, du moment que je m'occupe de mes oignons et que je prends bien garde de n'arrêter personne, à moins que je puisse pas faire autrement - et encore, à condition que ça ne mène pas loin ! »

→ Je me suis régalée. Je l'ai dévoré... Et le savant mélange de violence, de noirceur, de comique et d'ironie fait qu'on rit tout au long du bouquin... D'abord, on rit franchement, on se moque... puis, plus on avance dans le sordide, plus on rit jaune... et finalement, on rit noir... mais c'est bon, c'est vraiment bon.


vendredi 21 août 2009

Mon chien stupide

Roman adultes
Mon chien stupide

John Fante
10/18 (Domaine étranger), 2008 - 154 p.

Note : 4/5

Quatrième de couverture : « Si vous avez des idées noires, plongez-vous dans Mon chien Stupide. Vous en sortirez revigoré. Le nouvel avatar de Fante, alias Bandini, est un quinquagénaire, vivant sur le bord du Pacifique avec sa femme et ses quatre enfants qui le font tourner en bourrique. Il recueille un énorme quadrupède, Stupide, un chien étrange qui complète la maisonnée. C'est à la fois drôle, ironique, tragique, bouleversant et merveilleusement écrit. A lire de toute urgence. » Pierre Roudil, Figaro Magazine

L'histoire d'un père de quatre gosses, tous plus ingrats les uns que les autres, qui est partagé entre le désespoir de devoir rester là et le fantasme de tout plaquer — femme, gosses, maison — pour partir à Rome, Ville Éternelle, Mère-Patrie de ses ancêtres. Il écrit des scénarii médiocres pour des séries télé affligeantes, et ça ne lui paie même pas de quoi survivre quelques jours.
La vie de la famille est bouleversée lorsqu'un gigantesque chien décide de s'installer dans la maison, pour le plus grand bonheur de l'auteur raté mais au grand dam du reste de sa tribu.

Drôle, ironique, sarcastique, tragique... Ça laisse comme un sentiment de malaise en nous, mais c'est bon, c'est excellent. On étouffe avec lui, et en même temps, on prend un magnifique bol d'air frais.

→ À lire de toute urgence, effectivement !


jeudi 20 août 2009

L'aliéniste

Roman adultes - Polar
L'aliéniste

Caleb Carr
Pocket, 2004 - 574 p.

Note : 4/5

Quatrième de couverture : New York 1896... Un meurtrier auprès duquel jack l'Éventreur fait piètre figure sème aux quatre coins du Lower East Side les cadavres d'adolescents atrocement mutilés sans provoquer la moindre réaction des pouvoirs publics... Révolté par tant d'indifférence, Theodore Roosevelt, alors préfet, fait appel à ses amis John Schuyler Moore, chroniqueur criminel, et Laszlo Kreizler, aliéniste — spécialiste des maladies mentales —, pour élucider cette énigme terrifiante. Leurs procédés sont révolutionnaires ! En étudiant les crimes, ils pensent pouvoir brosser le portrait psychologique de l'assassin, l'identifier et l'arrêter. Ils ont peu de temps : le meurtrier continue à frapper. Les obstacles se multiplient mais rien ne pourra les arrêter...

Article trouvé sur Evene :
La seule question que l'on peut se poser après avoir lu 'L'aliéniste' est la suivante : comment se fait-il que personne n'ait tenté de l'adapter au cinéma ? Premièrement car il se lit aussi vite et aussi facilement que l'on regarde un film. Deuxièmement car l'intrigue est fluide et bien construite, les descriptions des personnages, des lieux et des actions sont exceptionnelles au point que l'on croit voir défiler devant ses yeux des images à la place des mots. A côte de la qualité de l'écriture, le sujet en lui-même est passionnant puisqu'il s'agit d'une des premières traques, selon l'étude de sa psychologie, d'un serial killer, après Jack l'Eventreur, qui tue sans merci des adolescents prostitués et travestis selon un rituel bien établi. Se mobilise alors toute une équipe, formée par Laszlo Kreisler, spécialiste des maladies mentales, appelé alors aliéniste, et John Moore, chroniqueur criminel du New York Times, qui va faire appel, pour découvrir l'identité du tueur, à des méthodes encore expérimentales et somme toute inédites pour l'époque. Thème déjà abordé et connu me direz-vous ? Certainement pas sous cette approche là qui mêle suspense, humour, solidarité, drames, retournements de situation… sur fond d'histoire, de progrès de la médecine légale et de la psychologie. A consommer sans crainte ni modération !
J'ai longtemps repoussé la lecture de ce bouquin : c'est un petit pavé, il me paraissait un peu "poussiéreux" et ennuyeux, et puis je ne lis pas beaucoup de romans policiers. J'avais tort.

C'est un très bon divertissement, il se lit super vite tellement il est chouette. On plonge dans ce New-York de la fin du XIXème siècle, ville totalement régie et paralysée par la corruption — corruption de la police, corruption des pouvoirs politiques... On assiste à une série de meurtres barbares, et à une enquête innovante pour l'époque : on fait appel à des méthodes "modernes" et non reconnues, parmi lesquelles la prise des empreintes digitales... Mais c'est aussi et surtout les balbutiements de la psychologie dans les enquêtes policières, les débuts de ce que l'on appelle aujourd'hui les "profilers".

→ Je vais essayer de ne pas oublier de lire L'ange des ténèbres, dans lequel on retrouve cette équipe de choc...


mercredi 19 août 2009

L'étrange histoire de Benjamin Button

Nouvelle adultes
L'étrange histoire de Benjamin Button

Francis Scott Fitzgerald
Gallimard (Folio 2€), 2008 - 103 p.

Note : 1/5

Quatrième de couverture : Dès sa naissance, loin d'être un beau poupon joufflu, Benjamin Button ressemble à un vieillard voûté et barbu ! Ses parents découvrent peu à peu qu'il rajeunit chaque jour : de vieillard il devient un homme mûr, un jeune homme, un enfant... Bénédiction ou malédiction ?
Sous la fantaisie et la légèreté perce une ironie désenchantée qui place Fitzgerald au rang des plus grands écrivains américains.


L'histoire est donc celle d'un bébé qui nait avec l'apparence d'un homme de 70 ans. Il n'a pas uniquement le visage ridé, il a la taille d'un homme de 70 ans. Alors déjà, moi, je ne vois pas bien comment une femme peut accoucher d'un homme d'un mètre quatre vingt, mais passons... Il rencontre donc quelques "petites" difficultés dûes à son apparence, et contrairement au commun des mortels, il ne vieillit pas, il rajeunit. Plus il avance dans sa vie, plus il rapetisse. Il finit donc enfant puis bébé, "élevé" par son fils qui en a honte et qui le rejette. Oui parce qu'il a eu un fils, il a même eu une épouse... Hildegarde, qu'elle s'appelle, l'épouse... C'est un peu moins glamour que Daisy, vous en conviendrez... Et l'histoire d'amour entre ces deux êtres semble être largement moins passionnelle que dans le film de David Fincher.

On ne sait finalement pas grand chose sur ce Benjamin Button. Sa mère, qui a semble-t-il survécu à l'accouchement (— Le bébé est-il né ? — Eh bien, oui, sans doute... si l'on veut. — Ma femme va bien ? — Oui. — Est-ce un garçon ou une fille ? — Suffit ! Je vous prierai d'aller vous en rendre compte par vous-même. Intolérable !), est totalement absente du récit. Benjamin — qui a manqué s'appeler Mathusalem — est élevé par son père qui en a largement honte. Plus il rajeunit, plus son père vieillit, et mieux ils se comprennent et s'entendent. Benjamin a des aventures, il se marie et a un fils... mais un fossé se creuse rapidement entre son épouse et lui ; il a rapidement honte de s'afficher en public avec elle puisqu'elle vieillit, au contraire de lui. Il finit donc sa vie chez son fils, qui lui demande de l'appeler « Mon Oncle », et joue avec son petit-fils. Voilà voilà.

Je me suis juste ennuyée à mourir à lire ces quelques quarante-cinq pages. Allez savoir quel besoin Fitzgerald a eu d'aller inventer une histoire pareille... Ça n'engage que moi, mais je trouve cette idée stupide. Vraiment stupide.

(Extrait d'un post du Chemin des aiguilles)


lundi 27 juillet 2009

L'épopée du buveur d'eau

Roman adultes
L'épopée du buveur d'eau

John Irving
Seuil (Points), 1995 - 426 p.

Note : 4/5

Quatrième de couverture : Fred « Bogus » Trumper, fumiste farfelu, a un problème : son canal urinaire est trop étroit. Pour cesser de souffrir pendant l'amour, un seul remède : boire des litres d'eau. Sa femme veut le plaquer, sa maîtresse souhaite un bébé, et, surtout, le réalisateur d'un documentaire sur l'échec tient absolument à s'inspirer de sa vie... Vaille que vaille, Bogus s'obstine à croire qu'il pourrait bien, un jour, réussir quelque chose.

Voici l'épopée de Fred Bogus Trumper, entre litres d'eau, traduction de texte en nordique primitif inférieur, épouse anciennement championne de ski, maitresse exigeante, montages de films incompréhensibles... avec un soupçon de mensonge, mais surtout avec beaucoup de doutes, d'indécision, d'angoisse et d'anxiété... C'est la vie ordinaire d'un homme un peu moins ordinaire, d'un homme qui cherche un peu de bonheur et de quiétude.

Comme tous les bouquins d'Irving, c'est simplement une tranche de vie vue à travers le prisme d'une personne un peu atypique, mais pas tant que ça, finalement... Le titre aurait pu être « Le monde selon Trumper »... C'est « L'épopée du buveur d'eau », mais finalement c'est la même chose.

J'ai été un peu moins emportée que pour « Le monde selon Garp », mais ça reste un excellent bouquin. Et on retrouve sans problème la marque si particulière d'Irving. Ses bouquins sont reconnaissables dès les premières lignes : c'est drôle, plein de fantaisie, d'humour et d'ironie... c'est à la fois léger et tragique.

Si vous ne savez pas quoi lire, prenez donc un bouquin d'Irving, n'importe lequel, et je suis bien persuadée que vous ne serez pas déçus.


samedi 18 octobre 2008

Le vieil homme et la mer

Roman ado-adultes
Le vieil homme et la mer

Ernest Hemingway
Gallimard (Folio), 2007 - 148 p.

Note : 4/5

Présentation : Le vieil homme et la mer a pour héros Santiago, un vieux pêcheur cubain très pauvre. Il n'a qu'une affection dans sa vie : un gamin qui l'accompagne à la pêche. Mais la pêche est depuis longtemps mauvaise, et les parents du gamin ne veulent plus qu'il aille avec ce trop vieil homme qui n'a pas rapporté un poisson depuis si longtemps – depuis quatre-vingt-quatre jours exactement. Alors, le quatre-vingt-cinquième jour, le vieux prend son bateau et part tout seul sur la mer. Un énorme espadon mord à son hameçon. Après une lutte terrible qui dure trois jours, il a enfin raison du grand poisson et peut l'amarrer mort dans sa barque. Mais, comme le vieux, enfin, met le cap sur la terre, les requins arrivent et, malgré ses efforts pour les chasser, ils dévorent peu à peu l'espadon tout entier. Quand Santiago rentre au port, complètement épuisé, il ne reste de l'espadon que la tête et l'arête.
Il faut voir dans ce poème épique, aux résonances bibliques et homériques, une parabole : celle de la victoire dans la défaite. C'est un thème cher à Hemingway. L'homme ne triomphe jamais tout à fait – et ici l'échec est total. Mais ce qui importe c'est l'effort pour braver le destin – et ici l'effort est immense.
Ce récit est écrit dans une langue familière et grandiose à la fois. Hemingway y réussit, avec une aisance admirable, la synthèse difficile entre une vision réaliste de la vie et une mystique du courage et de l'espoir indestructibles de l'homme. On a vu avec raison dans Le vieil homme et la mer un des chefs-d'œuvre de Hemingway.

Je n'ai pas grand chose à ajouter à cette présentation... si ce n'est que je ne vois pas cette histoire comme un échec... C'est une quête initiatique... Il ne pouvait pas rentrer au port avec un magnifique espadon tout beau tout neuf... Il rentre avec la preuve de sa victoire, de ses batailles, et c'est bien plus important.

Extraits :
Il appelait l'océan la mar, qui est le nom que les gens lui donnent en espagnol quand ils l'aiment. On le couvre aussi d'injures parfois, mais cela est toujours mis au féminin, comme s'il s'agissait d'une femme. Quelques pêcheurs, parmi les plus jeunes, ceux qui emploient des bouées en guise de flotteurs pour leurs lignes et qui ont des bateaux à moteurs, achetés à l'époque où les foies de requins se vendaient très cher, parlent de l'océan en disant el mar, qui est masculin. Ils en font un adversaire, un lieu, même un ennemi. Mais pour le vieux, l'océan c'était toujours la mar, quelque chose qui dispense ou refuse de grandes faveurs ; et si la mar se conduit comme une folle, ou comme une mégère, c'est parce qu'elle ne peut pas faire autrement : la lune la tourneboule comme une femme. [pp. 32-33]
« Tu veux ma mort, poisson, pensa le vieux. C'est ton droit. Camarade, j'ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ca m'est égal lequel de nous deux qui tue l'autre.
« Qu'est-ce que je raconte ? pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson. » [p. 109]
— Mais l'homme de ne doit jamais s'avouer vaincu, dit-il. Un homme, ça peut être détruit, mais pas vaincu. [p. 121]

Et puis c'est l'histoire de l'amour et du respect ; amour et respect de l'autre, du vieux, du gosse, des pêcheurs, de la mer, des poissons, de l'espadon, des requins... amour et respect de la vie. C'est une fable, c'est un conte... J'ai adoré ce bouquin.


dimanche 25 novembre 2007

Le bibliothécaire

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Le bibliothécaire

Larry Beinhart
Gallimard (Folio policier), 2007 - 545 p.

Note : 4.5/5

Quatrième de couverture : David Goldberg, homme tranquille sinon banal, devient du jour au lendemain le bibliothécaire privé d'un vieillard acariâtre et multimillionnaire. Alan Stowe a bâti sa fortune dans l'industrie et il n'existe pas d'esprit plus cynique que le sien. Il est surtout, à quelques jours d'une élection présidentielle serrée, le plus grand bailleur de fonds du parti républicain. Goldberg, à classer les papiers de l'homme d'affaires, se retrouve traqué. Il faut dire que le Président sortant, candidat à sa propre succession, gosse de riche va-t-en-guerre et ancien alcoolique reconverti en fou de Dieu, voit d'un très mauvais oeil les possibles découvertes de Goldberg. Le 11-Septembre est passé par là. Les services secrets détiennent les pleins pouvoirs. Tuer un homme est un devoir lorsqu'il s'agit de préserver le Bien ... Les critiques les plus virulentes de l'administration Bush ne viennent pas toujours de la "vieille Europe" ...
Le bibliothécaire a reçu le Grand Prix de littérature policière 2006.

Thriller politique passionnant. Quelques jours avant les élections présidentielles, le président républicain sortant est en tête des sondages. Le candidat démocrate est une femme qui s'est retrouvée là un peu hasard. Après le dernier débat télévisée, la candidate démocrate rattrape son retard. Les "gros sous" se mettent alors en route, il faut tout faire pour qu'elle ne gagne pas : acheter les grands électeurs, tuer quelques fouineurs ...

Critique des Etats-Unis, du système et de la politique de la plus grosse puissance au monde. Il est bien évident qu'il est ici question de Georges W. Bush, même si le président s'appelle Scott. Le président est décrit comme un crétin, manipulé par son entourage et qui n'a pas même réussit à se faire élire "pour de vrai" la première fois ... il lui manquait quelques voix en Floride ... Comment ne pas penser à W. ?!

Quelques passages à relire :
pp. 15-16 : numérisation et livres papier
pp. 97-98 : définition du métier de bibliothécaire
p. 114 : saillie de la jument Angela's Star par l'étalon Glorius Morning -> fabuleux !
p. 137 : " ... et c'était aussi bon qu'une phrase d'Hemingway, à l'époque où il était bon."
pp. 180-198 : poursuite à pied hilarante. Passage cynque et drôle à souhait.
pp. 232-233 : passage drôle sur le viol d'une jument !

→ Il y a du Jack Bauer et du 24h chrono dans ce bouquin ... mais en plus virulent et plus cynique. J'ai régulièrement eu l'impression de lire du John Irving - dans la façon d'écrire, de relater les évènements, l'humour si particulier des personnages, le cynisme et l'auto-dérision dont fait preuve le narrateur ... On ne s'ennuie pas une seconde !

Il y a une belle critique sur Fluctuat.

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