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samedi 14 mars 2009

Des feuilles dans la bourrasque

Roman adultes
Des feuilles dans la bourrasque

Gabriel Garcia Marquez
Grasset & Fasquelle (Les cahiers rouges), 2004 - 157 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : Au début il y a le regard d'un enfant. Un enfant qui ne va pas à l'école parce que le temps soudain se paralyse. La mort fait irruption et ce premier bouleversement de l'ordre quotidien lui fait découvrir l'Histoire. Oh ! une histoire ordinaire, un fait divers misérable et qui pourtant, par les yeux élargis du conteur, devient grandiose. C'est Antigone en Colombie et le corps réprouvé d'un médecin qu'un vieux colonel conduira jusqu'à sa sépulture en défiant la haine de tout Macondo. Tel est Des feuilles dans la bourrasque, le premier roman de Gabriel Garcia Marquez. Mais toute l'oeuvre de cet immense romancier ne naît-elle pas du regard d'un enfant qui s'immobilise dans l'espace temporel pour voir passer le monde ?

Certainement pas mon roman préféré de Garcia Marquez, mais il est bien évident que sa patte est présente, largement présente : l'immobilité des choses mêlée à la sensation d'étouffement, le sentiment d'un temps cyclique où rien ne change, jamais... et où tout revient, toujours... et puis il y a l'ennui aussi...
Sur cette histoire de funérailles où le mordibe le dispute à l'odieux, Gabriel Garcia Marquez construit un récit étouffant, circulaire, vertigineux dans le tourbillon des feuilles sèches et le cercle de feu d'un ennui mythologique. Voyage au bout de la nuit putride et tropicale où la chaleur « cogne au visage », où l'espoir gît « étouffé par la stagnation » dans un bourg « habité par des chômeurs aigris, torturés par « le souvenir d'un passé prospère », dans le maléfice des feuilles mortes, des résidis de résidus, et ce cadavre épouvantable. Des feuilles dans la bourrasque s'inscrit toujours, s'écrit déjà dans un regard enfantin, naïf et lucide, celui du petit Gabriel qui savait bien, dans l'obsession des odeurs, que « les jasmins... comme les gens... sortent errer la nuit après leur mort ».
Albert Bensoussan

Extrait (pp. 15-16) :
On étouffe dans la chambre close. Le soleil bourdonne dans la rue, mais c'est le seul bruit qu'on entend. L'air ne bouge pas, je crois qu'on pourrait le toucher et même le tordre comme une tôle. Il y a dans la chambre où l'on a exposé le cadavre une odeur de malles, mais je n'en vois nulle part. Un hamac pend dans un coin, suspendu par une extrémité à un anneau. Un relent de bric-à-brac. Je pense que les objets abîmés et quasiment hors d'usage qui nous entoure ont l'allure des choses qui sentent forcément le bric-à-brac, même s'ils ont en réalité leur odeur à eux.
J'avais toujours cru que les morts devaient porter un chapeau. Maintenant je vois que non. Je vois qu'ils ont la tête comme de l'acier et la mâchoire prise dans un mouchoir. Je vois que leur bouche est légèrement ouverte et que leurs lèvres violettes se retroussent sur leurs dents noircies et irrégulières. Je vois qu'ils mordent d'un côté leur grosse langue pâteuse, un peu plus foncée que le visage, qui a la couleur des doigts quand on les boudine avec une ficelle. Je vois qu'ils ont les yeux écarquillés, beaucoup plus que les vivants ; des yeux exorbités par l'angoisse, et leur peau a l'aspect d'une grosse motte de terre mouillée. J'avais cru qu'un mort ça ressemblait à quelqu'un qui dort paisiblement et maintenant je vois que c'est tout le contraire. Un mort ça ressemble à un homme réveillé et furieux après qu'il s'est battu.

→ Certainement pas le meilleur roman pour découvrir Gabriel Garcia Marquez... mais un roman à conseiller à tous les amoureux de cet auteur !


mardi 20 janvier 2009

Au clair de Luna

Roman jeunesse
Au clair de Luna

Zoé Valdès (texte), Claudia Bielinsky (illustrations)
Casterman (Les romans 8 & plus - Comme la vie), 1999 - 57 p.

Note : 2/5

Quatrième de couverture : « Il était une fois, comme tant d'autres fois, trois enfants : Franky, Jenny et Luna... Les trois enfants sont Cubains, ils vivent à Cuba, une île baignée par la mer des Caraïbes. »
Par la force du rêve et de la tendresse, Zoé Valdés nous emmène dans l'île de son enfance, qu'elle a dû quitter il y a plusieurs années, alors que Luna, sa fille, avait à peine un an...


... mouaih... Je n'ai pas bien vu d'histoire... Pas compris l'intérêt du livre... Trois enfants rêvent à tour de rôle, puis la vie reprend son cours... Je n'ai pas trouvé la patte "sud-américaine".

→ Petite déception


vendredi 21 mars 2008

Dona Flor et ses deux maris

Roman adultes
Dona Flor et ses deux maris : Histoire morale, histoire d'amour

Jorge Amado

Stock (La Cosmopolite), 2006 - 708 p.


Note : 5/5

Quatrième de couverture : Jolie et rayonnante, cuisinière émérite, dona Flor est très aimée. On la plaint aussi parce qu'elle a épousé Vadinho, vaurien, joueur et coureur. Le roman s'ouvre au moment du carnaval et sur la mort inattendue de Vadinho, après sept ans de mariage. Dona Flor se console assez vite en épousant le très respectable docteur Teodoro. Mais cette existence calme et ordonnée prend fin le jour où dona Flor trouve Vadinho étendu nu sur le lit. Invisible à tous, l'homme s'est réincarné pour la seule dona Flor et entend bien jouir de ses droits de mari ...
A Bahia, terre des dieux, des danses et des résurrections, des transes et du candomblé, une telle aventure devient l'histoire d'une ville bien-aimée et de tout un peuple, une sorte de voluptueuse chronique.
Ce roman truculent et irrévérencieux est un chef-d'œuvre d'humour qui prend la forme d'un pied de nez à la morale. Un plat aux aromates puissants, à la saveur et à l'exubérance toute tropicale cuisiné de main de maître.

Roman fascinant, doux mélange de saveurs culinaires, d'amour de sensualité, de frustration, de doutes ... Je ne sais pas par où commencer ...

La quatrième de couverture résume assez bien l'histoire : Dona Flor est mariée à Vadinho, joueur et coureur, mais également homme au grand coeur qui aime son épouse passionnément. Il meurt subitement un jour de carnaval, alors qu'il est déguisé en Bahianaise, ce qui rend sa mort plus improbable encore ... Commence alors une longue et difficile période de deuil, qui se termine par la découverte d'un nouvel amour : Dona Flor épouse Teodoro, pharmacien de son état et juste contraire du premier mari. Il est prévoyant, attentionné, aimant et toujours présent ... La vie de Dona Flor ressemble enfin à la vie qu'elle a tant mérité ... jusqu'au jour où Vadhino réapparait, invisible aux yeux de tous. Il est revenu pour aimer sa femme et est bien décidé à rester ...

Voilà donc pour les faits, mais l'essentiel du roman n'est pas là ... L'intérêt du roman réside dans les sentiments, dans les sensations de Dona Flor. Femme aux talents culinaires incontestables et largement reconnus, elle est aussi appétissante que les plats qu'elle mitonne. Ses rondeurs ne sont que sensualité ... Et Vadhino savait leur rendre hommage ... Flor a découvert les joies de la chair avec ce vaurien, aussi imprévisible qu'attachant. Il aimait à honorer chaque partie du corps de sa femme ; il aimait l'amour, l'amour que l'on fait sans artifice et sans draps ...

Tombée sur le lit de fer, dona Flor frémissait. Cette nuit-là, le fiel se transforma en miel, de nouveau la douleur naissait dans le suprême plaisir ; jamais elle n'avait été si violente cavale montée par son fougueux étalon, si licencieuse chienne en chaleur et possédée, esclave soumise à la débauche, femme parcourant tous les chemins du désir, plaines de fleurs et de douceurs, forêts aux ombres humides et aux sentiers défendus, jusqu'au réduit final. Nuit où l'on pénétrait par les portes les plus étroites et les plus fermées, nuit de la reddition du dernier bastion de sa pudeur, oh ! Deo gratias, alléluia ! Quand le fiel se transforme en miel et que la douleur devient le rare, l'étrange, le divin plaisir, nuit faite pour se donner et recevoir. [p. 259]

La voilà donc veuve, seule, sans son Vadinho ... La première partie de son veuvage n'est que tristesse et profonde solitude, mais, au bout de quelques mois, l'appel de la chair commence à se faire sentir ... Sa "chochota" ne lui sert plus qu'à faire pipi, elle est "consumée par le feu de son ventre et de sa poitrine", mais craint de ne pas respecter les codes du veuvage. Elle est peu à peu attirée par d'autres hommes, mais en même temps, ne veut pas passer pour une femme de petite vertu. Elle cache donc son trouble, jusqu'à en perdre le sommeil. On en pleurerait pour elle.

Mais que vaut une fille sage, niaise et ignorante, si on la compare à une veuve dont le désir est fait de connaissance et d'absence, de besoin et de pénurie, de faim et de jeûne, lucide et insolent ? [p. 391]

Elle épouse Teodoro quelques temps plus tard. L'homme, qui n'a jamais connu qu'une seule femme, une prostituée, est un homme de grand respect. Il vénère sa femme et ne souhaiterait pour rien au monde lui procurer la moindre peine. Flor l'aime, bien entendu ... mais il est tellement prévisible ... Il honore sa femme tous les mercredis et samedis soir, avec une "redite" les samedis. Il ne ressemble en rien au fougueux premier mari ... chaque homme est différent, parait-il ...

Et Vadinho revient ... Vadinho et sa fougue, sa chaleur, sa passion ... Vadinho et son amour du jeu, sa joie de vivre, son air taquin ... Vadinho, le premier mari, le premier amour, le premier amant ... Flor est alors en proie à un cruel dilemme : doit-elle rester fidèle à Teodoro ou doit-elle s'abandonner dans les bras de son premier mari ? Elle craint de jeter le déshonneur sur le gentil pharmacien, elle ne veut pas le faire souffrir, ni lui "planter des cornes" ... mais Vadinho est de plus en plus entreprenant, et tellement irrésistible ...

→ Roman sensuel - Une femme, deux maris ... une seule solution : la bonne, celle qu'a choisie dona Flor.

J'ai regretté que Vadinho ne revienne pas plus tôt, le roman prend toute sa dimension à ce moment-là. Certains passages, notamment pendant la période du veuvage, m'ont semblé longs, mais en même temps m'ont permis de me mettre totalement dans la peau de Flor, je vivais son impatience et sa frustration ...

Et puis les petits à-côtés de l'histoire principale sont tout aussi croustillants que Flor ! Tout est là : les commères, les fainéants, les prostituées, le merveilleux et l'improbable ... J'ai retrouvé un peu de Garcia Marquez dans ce roman. Tout comme les Buendia peuvent vivre au-delà de 150 ans et voir des pluies de fleurs blanches s'abattre le jour de leur mort, Vadinho peut revenir d'entre les morts pour aimer et honorer sa femme... Et il n'y a rien de surnaturel dans tout ça, "et le croira qui voudra".

Et si tout ça ne vous a toujours pas convaincu de vous lancer dans cette lecture, n'oubliez pas que vous trouverez également d'appétissantes recettes de cuisine tout au long du roman ...


mardi 30 octobre 2007

La Mala Hora

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La Mala Hora

Gabriel Garcia Marquez
Le livre de poche, 2004 - 219 p.

Note : 4/5

Quatrième de couverture : Un village colombien, qui a connu la guerre civile, vit en paix depuis que le maire a rétabli l'ordre par la terreur. Mais, un soir, les premiers tracts anonymes apparaissent sur quelques portes. Celui que lit César Montero l'amène aussitôt à tuer.Et les tracts se multiplient, semant la discorde dans les familles, ravivant les haines, réveillant dans la mémoire de chacun les combines, les exactions, les crimes commis dans le passé. Le curé Angel, d'abord indifférent, demande finalement au maire de prendre des mesures d'autorité devant ce « cas de terrorisme contre l'ordre moral ». Rien n'empêche les tracts de proliférer. Le maire décide de revenir à la répression. La paix mensongère est terminée, le village est retourné à son enfer quotidien.

On retrouve dans ce livre l'esprit de Cent ans de solitude. On retrouve d'ailleurs certains personnages : le père Angel (=père Coronel - cf pp.51 et 104) qui parle de Macondo - la ville de Cent ans de solitude ; et peut être aussi "la justice", le juge Arcadio. Evocation également de Aureliano Buendia, le colonel qui serait passé il y a très longtemps dans ce village (p. 59).

→ Mélange d'apathie et de violence. Un roman splendide.


vendredi 10 août 2007

L'amour aux temps du choléra

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L’amour aux temps du choléra

Gabriel Garcia Marquez
Le livre de poche, 2004 - 479 p.

Note : 5/5

Quatrième de couverture : À la fin du siècle dernier, dans une petite ville des Caraïbes, un jeune télégraphiste pauvre et une ravissante écolière jurent de se marier et de vivre un amour éternel. Durant trois ans ils ne vivent que l’un pour l’autre, mais Fermina épouse Juvenal Urbino, un jeune et brillant médecin.
Alors Florentino, l’amoureux trahi, se mue en séducteur impénitent et s’efforce de se faire un nom et une fortune pour mériter celle qu’il ne cessera jamais d’aimer, en secret, cinquante années durant, jusqu’au jour où l’amour triomphera.

Les acteurs :
  • Fermina Daza : adolescente, elle s’éprend de Florentino Ariza, puis se rend compte qu’elle ne l’aime pas vraiment. Elle épouse, malgré elle, le docteur Juvenal Urbino qu’elle finira par aimer.
  • Juvenal Urbino : docteur savant et très convoité par les jeunes filles. Il a fait ses études de médecine à Paris. Il s’éprend de Fermina Daza et l’épouse. Ils forment le couple le plus convoité de la ville, le plus à la mode, le plus envié. Ils sont de toutes les réceptions.
  • Florentino Ariza : jeune télégraphe, il tombe fou amoureux de Fermina Daza. Il règle sa vie dans un seul but : reconquérir celle qu’il aime.
Extraits :
  • p. 149 : évocation de Adrien Proust, père du romancier
  • p. 163 : maléfice de la poupée qui grandit
  • p. 154 : « … elle allait très vite savoir pour le restant de sa vie que la musique était un thème que [le docteur Urbino] utilisait presque comme une formule magique pour offrir son amitié, … ». Parallèle avec la remarque page 244 : « Vous aimez la musique ? » paroles de Juvenal Urbino à Florentino Ariza.
  • pp. 291-292 : « Fermina Daza était certaine d’être passée par cet endroit quand elle était toute petite, avec sa mère, dans une charrette tirée par une paire de bœufs. Adulte, elle en avait souvent parlé à son père, mais celui-ci était mort en soutenant qu’il était impossible qu’elle s’en souvînt. Je me rappelle très bien ce voyage et c’est exact, lui disait-il, mais c’était au moins cinq ans avant ta naissance. »
  • p. 292 : « Cette image et bien d’autres encore en tant d’années étaient des visions éphémères qui apparaissaient soudain à Florentino Ariza au hasard, lorsqu’il en avait envie, et disparaissaient de la même façon en laissant dans son cœur le sillon d’une angoisse. Mais elles marquaient le rythme de sa vie car il reconnait les sévices du temps moins dans sa propre chair qu’aux changements imperceptibles qu’il remarquait chez Fermina Daza chaque fois qu’il la voyait. »
  • p. 301 : « [Les enfants] avaient l’avenir devant eux pour apprendre à vieillir sans amertume. »
  • p. 394 : évocation de Charles Lindbergh et de son vol de démonstration (1927 ?). Fermina Daza est vieille.
Petite remarque : Tout tourne autour de Fermina Daza et de son époux le docteur Juvenal Urbino. Toutes les manifestations – expositions, manifestations littéraires … – toutes les cérémonies, tous les lancements de nouveautés – ballon qui vole, nouveau bateau … – ils sont présents partout. Ils semblent représenter le temps qui passe. Ils n’ont l’air d’exister qu’à travers le regard des autres, et particulièrement celui de Florentino Ariza. Etrange.

→ On retrouve dans ce roman la magie de l'auteur, son monde merveilleux et cruel. Rien à dire. Encore un chef-d’œuvre de Garcia Marquez.

A lire, et relire encore !


samedi 4 août 2007

Pas de lettre pour le colonel

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Pas de lettre pour le colonel

Gabriel Garcia Marquez
A vue d'oeil, 2002 - 174 p.

Note : 4/5

Le vieux colonel attend sa pension de guerre depuis 15 ans, pension qui n’arrivera jamais. Il n’a plus un sou, il crève de faim, mais il reste un homme rêveur, empli d’espoir. Sa femme est lucide, malade, malheureuse. La fin est profondément triste, lourde, dépourvue d’espoir.

Histoire difficile à dater (comme tous les romans de Garcia Marquez) : elle se déroulerait aux alentours de la nationalisation du canal de Suez (1956 ?) [p.33] - Autre date : 1949 [p. 76].

Encore une fois, on a l'impression que Cent ans de solitude reste la pierre centrale de l'oeuvre de GGM, elle est omniprésente. Quelques rapprochements avec Cent ans de solitude :
  • Evocation du colonel Aureliano Buendia [pp. 37, 70-71, 80, 108, 118-119]
  • Fleurs qui entourent le mort [pp. 16, 19] comme pour la mort de José Arcadio Buendia
  • Présence d’un coq de combat (raison du départ des Buendia de leur village natal pour former un nouveau village)
  • Mention d’un tapis volant [p. 56]
  • Date pour Cent ans de solitude : 1906 [pp.118-119]
→ Roman court, passionnant ; dense en émotion, en sentiments ; paradoxalement plein de vie.


vendredi 3 août 2007

L’incroyable et triste histoire de la candide Erendira et de sa grand mère diabolique

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L’incroyable et triste histoire de la candide Erendira et de sa grand mère diabolique

Gabriel Garcia Marquez
Grasset (Les cahiers rouges), 1999 - 154 p.

Note : 3/5

Recueil de sept nouvelles. Moins touchantes que celles du recueil Douze contes vagabonds.
Les trois premières sont magiques, drôles, émouvantes, inquiétantes, superbes. Les autres le sont moins …

Les trois premières nouvelles :
  • Un monsieur très vieux avec des ailes immenses
  • La mer du temps perdu
  • Le noyé le plus beau du monde
Remarque : la cinquième nouvelle (Le dernier voyage du vaisseau fantôme) ne contient qu’un seul paragraphe, qu’une seule phrase … sur sept pages, 225 lignes … Assez fatiguant … !!

Douze contes vagabonds

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Douze contes vagabonds

Gabriel Garcia Marquez

Le livre de poche, 2000 - 157 p.


Note : 4/5


Quatrième de couverture : Une femme prise en auto-stop par l’autobus d’un asile d’aliénés se retrouve enfermée. Un Colombien fait le siège du Vatican avec le cadavre imputrescible de sa fille, qu’il voudrait faire béatifier. Dix-sept anglais empoisonnées à Naples par une soupe aux huîtres … […] Chacune des nouvelles de ce livre nous entraîne en quelques pages au cœur de situations ahurissantes, où le ‘réalisme magique’ cher à l’écrivain colombien imprègne tour à tour Vienne, Naples, Genève, Barcelone …
« Drôle, émouvant, féroce, inquiétant, superbe, Garcia Marquez connaît tous les registres. » Pierre Lepape, Le Monde
→ Ben, c'est exactement ça !

Le vieux qui lisait des romans d'amour


Le vieux qui lisait des romans d'amour

Luis Sepulveda

Seuil (Points), 1995 -
120 p.

Note : 4/5


Quatrième de couverture : Lorsque les habitants d’El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d’un homme blond assassiné, ils n’hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l’étrange blessure la marque d’un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d’amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d’Amazonie dont la survie même est aujourd’hui menacée.

  • Prix Relais H du roman d’évasion 1992
  • Prix France Culture étranger 1992
Roman court mais dense.
Histoire magique, touchante, attachante, douce et cruelle à la fois, pleine d’humour aussi.

mercredi 1 août 2007

Cent ans de solitude


Cent ans de solitude

Gabriel Garcia Marquez
Seuil (Points), 1995 - 460 p.

Note : 5/5


Quatrième de couverture : Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleur plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante d'une dynastie : la fondation, par l'ancêtre, d'un village sud-américain isolé du reste du monde ; les grandes heures marquées par la magie et l'alchimie ; la décadence ; le déluge et la mort des animaux. Ce roman proliférant, merveilleux et doré comme une enluminure, est à sa façon un Quichotte sud-américain : même sens de la parodie, même rage d'écrire, même fête cyclique des soleils et des mots.
Cent Ans de solitude compte parmi les chefs d'oeuvre de la littérature mondiale du XXe siècle. L'auteur a obtenu le prix Nobel de littérature en 1982.

Quand je lis un livre, et en particulier un livre qui me plait beaucoup, j'aime prendre des notes, relever des phrases. J'ai l'impression que plus tard, lorsque je relirai ces petits extraits, je retrouverai l'ambiance du livre.

C'est ce que j'ai fait pour Cent ans de solitude. Je vous livre ici juste deux ou trois extraits. C'est un livre qui m'a énormément touchée. En le lisant, j'ai réellement eu l'impression de vivre l'aventure avec chacun des personnages (pourtant très nombreux !). J'avais l'impression, en refermant le livre pour vaquer à mes autres occupations, que les personnages continuaient leurs vies sans m'attendre. Il ne me tardait qu'une chose : reprendre la lecture pour m'enquérir de ce qui c'était passé en mon absence. Étrange, non ?

Depuis, j'ai lu d'autres livres de Gabriel Garcia Marquez. On retrouve dans chacun d'eux cette douce folie, ce fantastique qui semblent être la marque ce l'auteur. Il y a aussi très régulièrement une absence d'action. Les gens vivent, c'est tout. Et GGM arrive à me faire entrer dans son univers.

A noter : j'ai retrouvé une trace de Cent ans de solitude dans la plupart des autres livres de GGM que j'ai lus (un personnage, une situation ...), c'est rigolo, non ...?!

Quelques citations :
« Alors que les Aureliano étaient renfermés, mais perspicaces, les José Arcadio étaient impulsifs et entreprenants, mais marqués d'un signe tragique. » [p. 194]
« Ils sont tous comme ça, dit-elle sans paraître surprise. Tous fous de naissance. » [Ursula, p. 195]
« Il n'y avait, dans le cœur d'un Buendia, nul mystère que [Pilar Ternera] ne pût pénétrer, dans la mesure où un siècle de cartes et d'expérience lui avait appris que l'histoire de la famille n'était qu'un engrenage d'inévitables répétitions. » [p. 416]

Quelques termes définissants ce roman :
FATALITE - SOLITUDE - TRISTESSE - REPETITIONS - FOLIE

Vrai petit bijou de littérature. Les personnages portent tous le même nom, d'où une certaine difficulté à ne pas les confondre au bout d'un moment, mais c'est un réel chef d'œuvre. Ce roman fait très certainement partie des meilleurs livres que j'ai lus.

A lire et relire et relire encore !!!