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samedi 13 février 2010

Delirium tremens

Roman adultes - Polar ?
Delirium tremens : Une enquête de Jack Taylor

Ken Bruen
Gallimard (Folio policier), 2006 - 383 p.

Note : 3.5/5

Quatrième de couverture : Il n'y a pas de détectives privés en Irlande. Les habitants ne le supporteraient pas. Le concept frôle de trop près l'image haïe du mouchard. Jack Taylor le sait. Viré pour avoir écrasé sciemment son poing sur le visage d'un ministre, cet ancien flic a gardé sa veste de fonction et s'est installé dans un pub de Galway. Son bureau donne sur le comptoir. Il est chez lui, règle des broutilles, sirote des cafés noyés au brandy et les oublie à l'aide de Guinness. Il est fragile et dangereux. Une mère qui ne croit pas au suicide de sa fille de seize ans le supplie d'enquêter. "On l'a noyée" sont les mots qu'elle a entendus au téléphone, prononcés par un homme qui savait. De quoi ne plus dormir. Surtout si d'autres gamines ont subi le même sort. Surtout si la police classe tous les dossiers un par un...

Bien, intéressant, drôle, cynique... le seul souci, c'est qu'entre chaque séance de lecture, j'oubliais ce que j'avais lu précédemment... Et le pire, c'est que ça ne m'a même pas gêné. Je passais de très bons moments en le lisant, mais ça s'arrêtait là.
L'enquête en elle-même passe au second — voire au 3ème ou au 4ème plan — ; on ne sait d'ailleurs plus bien quelle est l'enquête, quel est le souci, qui sont les "suspects", etc, etc. On reste focalisé sur l'alcoolisme de Taylor, sur l'alcoolisme de ses petits camarades...
Je reste assez perplexe vis à vis de ce bouquin. Les critiques que j'ai lues sur Internet sont toutes excellentes. Personnellement, je ne sais pas bien qu'en penser. C'est certainement un bon bouquin, plaisant et tout ça. Mais il ne m'est pas apparu comme la merveille à laquelle je m'attendais.

→ C'est en fait un bon petit roman pour passer le temps, pour se vider la tête... mais il ne faut pas l'aborder en pensant lire un polar.

samedi 23 janvier 2010

Contes à faire rougir les petits chaperons

Roman adultes
Contes à faire rougir les petits chaperons

Jean-Pierre Enard
Gallimard (Folio), 2009 - 187 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : Le narrateur de ces Contes à faire rougir les petits chaperons a une petite amie. Cette petite amie a une petite soeur, Alice, qui est une grande coquine. Elle rêve de faire avec l'auteur des choses qui ne sont pas de son âge, et lui, pour résister à la tentation, raconte des histoires ! I1 lui dit tout haut ce que les auteurs classiques pour la jeunesse pensaient tout bas : Pinocchio n'a pas que le nez qui s'allonge, la mère Michel a perdu son chat, et quel chat !, la comtesse de Ségur aime les "petites filles Bordel", et les trois petits cochons sont trois petites cochonnes...

Relecture fort cochonne des contes qui ont bercé notre enfance. Il n'y avait pas besoin de lire cet ouvrage pour voir en ces contes des allusions sexuelles, mais l'auteur les a réécrit façon fantasmes. J'avoue m'être amusée au départ, mais j'ai trouvé cet ouvrage lassant, au final.
Il faut quand même reconnaitre que l'écriture est plutôt plaisante, et que j'ai ri plusieurs fois, mais je n'en garderai pas à un souvenir impérissable.

Petit livre à lire pour chasser l'ennui des longs dimanches d'hiver... Âmes prudes s'abstenir !

samedi 14 novembre 2009

Le cinquième évangile

Roman adultes
Le cinquième évangile

Michel Faber
Éditions de l'Olivier, 2009 - 195 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : Theo Griepenkerl est un universitaire sans envergure à l'ego démesuré. Dans les décombres d'un musée de Bagdad, il découvre un trésor inestimable : les mémoires de Malchus, témoin des derniers jours de Jésus. Il ramène secrètement les neuf rouleaux de papyrus au Canada et s'empresse de les traduire. Publié par une obscure maison d'édition, son Cinquième Évangile est un immense succès. Mais Theo est dépassé par le scandale que provoquent les révélations de Malchus...
Drôle, irrévérencieux, palpitant, Le Cinquième Évangile tourne en dérision cette mode des textes anciens, censés révéler au monde "la" vérité. Ce roman à la loufoquerie très british est aussi une satire cinglante des mœurs de l'édition et de la culture de masse.

Né en 1960 aux Pays-Bas, Michel Faber est devenu mondialement célèbre grâce à La Rose pourpre et le Lys (Éditions de l'Olivier, 2005). Il a également publié plusieurs recueils de nouvelles dont les Contes de la rose pourpre et Moins que parfait (Éditions de l'Olivier, 2006 et 2007).


Bouquin vite lu, agréable à lire, mais... mais on reste un peu sur sa faim. Theo découvre par un total hasard un cinquième évangile qu'il entreprend de traduire et de publier. Mais les révélations de ce "nouvel" évangile ne sont pas pour plaire aux croyants ; Theo est alors rapidement dépassé par les événements. L'évangile montre Jésus comme un simple humain, qui chouine alors qu'il est cloué sur sa croix, qui se pisse dessus, et qui peste contre son Père qui lui inflige cette souffrance. Bon, moi, tout ça me parait tout à fait réaliste et j'aimais bien cette idée de départ. Mais le bouquin de va pas plus loin. Ça dérape assez rapidement, l'histoire n'a plus ni queue ni tête, et se termine de façon tout à fait étrange... A mon sens, tout ça est bâclé, un peu comme si l'auteur n'avait pas eu le temps de tout développer, comme s'il avait été obligé d'écrire le bouquin super rapidement. Il en ressort un goût d'inachevé, de gâchis... ce qui est fort dommage parce que l'idée de départ était super bonne.


vendredi 9 octobre 2009

Lacrimosa

Roman adultes
Lacrimosa

Régis Jauffret
Gallimard, 2008 - 217 p.

Note : 3.5/5

Quatrième de couverture : « Vous étiez dans les bras de votre mère. Vierge à l'Enfant, Pietà, mais en guise de crucifié c'était seulement une jeune femme qui s'était pendue. Quand leurs filles meurent, les femmes en redeviennent grosses jusqu'à la fin de leur vie. Leur ventre est beaucoup plus lourd que la première fois. »

Échange épistolaire entre l'amant et la défunte Charlotte. J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le bouquin, à comprendre, à entendre les personnages, leurs cris, leurs douleurs. Une fois entrée dans le livre, je me suis laissée embarquer dans cette histoire pas franchement banale.
Un amant largement plus âgé que la femme, un amant qui ne cherche plus à s'engager dans quoi que soit, un amant égoïste, égocentrique, et solitaire qui n'a de cesse de se réfugier dans son antre, un amant écrivain qui essaie en permanence de coucher les choses sur papier... mais un amant qui aime malgré tout cette femme ; il l'aime à sa façon, mais il l'aime.
Une femme de 35 ans qui a toujours eu ce vague à l'âme, une femme qui a été internée à l'âge de 18 ans pour dépression et qui a tenté de se suicider déjà plusieurs fois, une femme qui lutte pour vivre mais qui est finalement pas si malheureuse que ça, une femme passionnée, exaltée, violente, une femme entière dans ses bonheurs et dans ses dépressions, une femme avec une vie en dents de scie, une femme qui couche avec un jeunot mais qui se réfugie au moindre mal chez l'amant plus âgé.

Bref, une histoire compliquée. Tout comme le sont leurs rapports.

La femme, Charlotte, se pend dans sa chambre. Et l'amant esseulé entreprend alors de coucher sur papier un ultime échange, échange posthume dans lequel chacun essaiera de se cacher une dernière fois à l'autre, de lancer les dernières piques, d'afficher les dernières rancoeurs, de se déchirer une dernière fois... mais un échange dans lequel chacun dira à l'autre, de façon certes maladroite mais ô combien évidente, à quel point ils se sont aimés.

J'ai particulièrement apprécié la fin du bouquin, les trois ou quatre dernières lettres, celles qui évoquent le suicide et l'après suicide (le désespoir de l'amant, l'enterrement...). Les masques tombent, il ne reste plus que les sentiments vrais, l'amant et Charlotte ne se cachent plus, ils oublient les rancoeurs et les mesquineries, ils laissent leur souffrance éclater. On se prend ça en pleine face, ça fait mal, mais j'ai particulièrement aimé ce passage. On reste scotché, les mains crispées sur le livre. Il y a un comme un sentiment d'inachevé, de chose gâchée. On a envie de hurler pour eux...

→ C'était la première fois que je lisais un bouquin de Régis Jauffret, et ce n'était peut être pas le meilleur choix pour entrer dans son monde... J'en essaierai quand même un autre.


dimanche 4 octobre 2009

Eova Luciole

Roman adultes
Eova Luciole

Clara Dupont-Monod
Grasset, 1998 - 188 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : Par quel étrange phénomène deux longues ailes blanches ont-elles poussé dans le dos d'Eova Luciole, la fille de la belle Théodora ?
C'est un mystère donc personne n'a la clef mais qui, dans cette petite île au large du Venezuela, perturbe le cours des choses et provoque inquiétude et colère.
C'est peut-être à la laideur du monde qu'Eova aura, un jour, choisi d'échapper.


Eova Luciole est le premier roman de Clara Dupont-Monod. J'ai découvert cette jeune auteur avec La Passion selon Juette, et je suis réellement tombée sous le charme... charme de l'intrigue, charme de l'écriture. Eova Luciole est totalement différent, et il n'est pas mauvais... Il est même tout à fait agréable à lire, il est doux et mignon... mais j'avoue ne pas retenir grand chose. Je pense même que je serais incapable d'écrire un résumé qui donnerait envie de le lire... Une petite fille a, de temps en temps, des ailes qui poussent dans son dos, ce qui effraie sa mère d'abord, puis le village tout entier. Il se passe une série de catastrophes, et les habitants du petit patelin mettent tout ça sur le dos (sans mauvais jeu de mot) de l'enfant : elle est le diable. Et puis elle s'en va, et puis elle revient... bon...

En conclusion, ce livre n'est pas désagréable mais il ne restera pas dans les annales... Il n'incite pas à découvrir un peu mieux cet auteur, ce qui est fort dommage parce que La Passion selon Juette vaut vraiment le détour.


Double assassinat dans la rue Morgue

Roman ado - Polar
Double assassinat dans la rue Morgue
suivi de « La lettre volée »

Edgar Allan Poe - (Traduction de Charles Baudelaire)
Gallimard (Folio junio), 1991 - 129 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : En pleine nuit, des cris épouvantables réveillent les habitants du quartier Saint-Roch. Dans le conduit de la cheminée, au quatrième étage, on découvre une jeune fille étranglée. Sa mère gît sur les pavés de la cour, décapitée. Comment un tel crime a-t-il pu se produire alors que la porte et les volets de la chambre, affreusement dévastée, sont verrouillés de l'intérieur ? Un certain Dupin s'intéresse à l'affaire...
Une ténébreuse énigme du grand Edgar Allan Poe, suivie de la non moins magistrale Lettre volée.


Deux des trois nouvelles des enquêtes d'Auguste Dupin, gentilhomme vivant de rente.
Dupin résout les énigmes simplement en procédant de façon logique, en réfléchissant, en observant, en analysant.
Edgar Allan Poe est considéré comme étant le père du roman policier, notamment grâce à son personnage de Dupin. Ce sont les prémices des enquêtes policières dans les romans. Dupin donnera naissance à ce qu'on appellera plus tard les « arm-chair détectives ».

→ Je l'ai lu pour combler ce que j'estimais être une lacune dans ma culture littéraire. Voilà qui est fait, mais force est de constater que les polars ont beaucoup évolués... et c'est très bien ainsi ! C'est un peu lourdaud à lire...


mardi 25 août 2009

Meurtriers sans visage

Roman adultes - Polar
Meurtriers sans visage

Henning Mankell
Points (Policier), 203 - 385 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : Dans une ferme isolée de Suède, un couple de paysans retraités est sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme murmure un mot : « étranger ». Il n'en faut pas plus pour provoquer une vague de violence contre les demandeurs d'asile de la région. Le commissaire Wallander va devoir agir vite, sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante qui brouille les pistes...

Présentation Amazon.fr :
« Voici donc la toute première enquête du désormais célèbre Kurt Wallander, plus connu en France par Le Guerrier solitaire, La Cinquième Femme et Les Morts de la Saint-Jean. L'occasion de faire connaissance avec cet anti-héros formidable d'humanité, perclus de doutes sur sa propre existence et passablement déprimé par ce que la société suédoise lui révèle de mauvais à travers d'odieux faits-divers. Tout le talent de Mankell s'exprime déjà dans cette intrigue solide que les digressions nourrissent sans jamais égarer le lecteur. Pour ceux qui ne connaissent pas encore Wallander, c'est le livre par lequel on doit débuter l'œuvre romanesque de Mankell. Pour ceux qui sont déjà fans, pas d'inquiétude, il se dévore très bien, indépendamment des autres titres. Remarquable. » — Bruno Ménard

C'est le premier Mankell que je lis, j'en attendais beaucoup... beaucoup trop, certainement. Et je l'ai trouvé un peu fadasse, un peu mou du genou, un peu ennuyeux. Les premiers Staalesen, Nesbo et autres Indridason m'ont largement plus emballée. Mais il semble que ce ne soit absolument pas le meilleur, bien au contraire. Je vais donc continuer ma découverte du commissaire Wallander.

Première apparition du commissaire Wallander


mardi 14 juillet 2009

Le dernier voyage d'Horatio II

Roman adultes
Le dernier voyage d'Horatio II

Eduardo Mendoza
Le Seuil (Points), 2005 - 224 p.

Note : 3.5/5

Présentation de l'éditeur : Horatio II est aux commandes d’un vaisseau spatial chargé d’une mission pour le moins incertaine. Il doit mener vers une destination inconnue des passagers qui sont les symboles manifestes des secteurs les plus marginaux et marginalisés de la société : des délinquants, des prostituées et des vieillards. A bord du vaisseau règne un chaos indescriptible : équipage, médecins et passagers alcooliques, matériel obsolète, saleté, manque de vivres et d’eau potable etc. Le commandant, qui cultive l’art de l’incompétence et de la bêtise, ne cesse de donner des ordres contradictoires selon qu’il se fait manipuler par les uns et par les autres. Deux haltes dans des stations spatiales semi-abandonnées, Fermat IV et Derrida, où vivent dans l’une un gouverneur et une bande de pirates, dans l’autre un duc, une duchesse et leur cour de malfrats mènent tout ce petit monde à vivre des aventures invraisemblables autour de trocs en tout genre, faux banquets, faux spectacles, vraies guerres, vols, manifestations, chantages, avaries.
Comme souvent chez Mendoza, la parodie sert d’écran à des situations sociales dramatiquement réelles et le burlesque à dénoncer des pratiques politiques condamnables. C’est un roman loufoque et terriblement drôle.


Le roman se présente sous la forme d'un journal de bord — celui de Horacio II, le commandant incompétent.

→ C'est drôlissime, cynique, dénonciateur... Le seul bémol, c'est qu'à trop pousser vers l'absurde, j'ai décroché par moment... Ça m'a un peu lassée.


samedi 14 mars 2009

Des feuilles dans la bourrasque

Roman adultes
Des feuilles dans la bourrasque

Gabriel Garcia Marquez
Grasset & Fasquelle (Les cahiers rouges), 2004 - 157 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : Au début il y a le regard d'un enfant. Un enfant qui ne va pas à l'école parce que le temps soudain se paralyse. La mort fait irruption et ce premier bouleversement de l'ordre quotidien lui fait découvrir l'Histoire. Oh ! une histoire ordinaire, un fait divers misérable et qui pourtant, par les yeux élargis du conteur, devient grandiose. C'est Antigone en Colombie et le corps réprouvé d'un médecin qu'un vieux colonel conduira jusqu'à sa sépulture en défiant la haine de tout Macondo. Tel est Des feuilles dans la bourrasque, le premier roman de Gabriel Garcia Marquez. Mais toute l'oeuvre de cet immense romancier ne naît-elle pas du regard d'un enfant qui s'immobilise dans l'espace temporel pour voir passer le monde ?

Certainement pas mon roman préféré de Garcia Marquez, mais il est bien évident que sa patte est présente, largement présente : l'immobilité des choses mêlée à la sensation d'étouffement, le sentiment d'un temps cyclique où rien ne change, jamais... et où tout revient, toujours... et puis il y a l'ennui aussi...
Sur cette histoire de funérailles où le mordibe le dispute à l'odieux, Gabriel Garcia Marquez construit un récit étouffant, circulaire, vertigineux dans le tourbillon des feuilles sèches et le cercle de feu d'un ennui mythologique. Voyage au bout de la nuit putride et tropicale où la chaleur « cogne au visage », où l'espoir gît « étouffé par la stagnation » dans un bourg « habité par des chômeurs aigris, torturés par « le souvenir d'un passé prospère », dans le maléfice des feuilles mortes, des résidis de résidus, et ce cadavre épouvantable. Des feuilles dans la bourrasque s'inscrit toujours, s'écrit déjà dans un regard enfantin, naïf et lucide, celui du petit Gabriel qui savait bien, dans l'obsession des odeurs, que « les jasmins... comme les gens... sortent errer la nuit après leur mort ».
Albert Bensoussan

Extrait (pp. 15-16) :
On étouffe dans la chambre close. Le soleil bourdonne dans la rue, mais c'est le seul bruit qu'on entend. L'air ne bouge pas, je crois qu'on pourrait le toucher et même le tordre comme une tôle. Il y a dans la chambre où l'on a exposé le cadavre une odeur de malles, mais je n'en vois nulle part. Un hamac pend dans un coin, suspendu par une extrémité à un anneau. Un relent de bric-à-brac. Je pense que les objets abîmés et quasiment hors d'usage qui nous entoure ont l'allure des choses qui sentent forcément le bric-à-brac, même s'ils ont en réalité leur odeur à eux.
J'avais toujours cru que les morts devaient porter un chapeau. Maintenant je vois que non. Je vois qu'ils ont la tête comme de l'acier et la mâchoire prise dans un mouchoir. Je vois que leur bouche est légèrement ouverte et que leurs lèvres violettes se retroussent sur leurs dents noircies et irrégulières. Je vois qu'ils mordent d'un côté leur grosse langue pâteuse, un peu plus foncée que le visage, qui a la couleur des doigts quand on les boudine avec une ficelle. Je vois qu'ils ont les yeux écarquillés, beaucoup plus que les vivants ; des yeux exorbités par l'angoisse, et leur peau a l'aspect d'une grosse motte de terre mouillée. J'avais cru qu'un mort ça ressemblait à quelqu'un qui dort paisiblement et maintenant je vois que c'est tout le contraire. Un mort ça ressemble à un homme réveillé et furieux après qu'il s'est battu.

→ Certainement pas le meilleur roman pour découvrir Gabriel Garcia Marquez... mais un roman à conseiller à tous les amoureux de cet auteur !


jeudi 12 mars 2009

Mort aux cons

Roman adultes
Mort aux cons

Carl Aderhol
Le livre de poche, 2009 - 409 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : « Contrairement à l'idée répandue, les cons ne sont pas réformables. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais du moins à se tenir tranquille : la peur. Je veux qu'ils sachent que le temps de l'impunité est révolu. Je compte à mon actif cent quarante meurtres de cons. Afin qu'ils ne soient pas morts pour rien, je vous enjoins de lire ce manifeste. Il explique le sens véritable de mon combat. »
Qui n'a jamais rêvé de tuer son voisin le dimanche matin quand il vous réveille à coups de perceuse ? Ou d'envoyer dans le décor l'automobiliste qui vous serre de trop près ? Mais passé les premiers meurtres d'humeur qui le débarrassent des cons de son entourage, le héros prend peu à peu conscience de l'ampleur de sa mission.
Carl Aderhold nous livre ici son premier roman.

Livre au titre prometteur. Je ne connaissais ni l'auteur, ni l'ouvrage, mais le titre et la quatrième de couverture m'ont convaincue de l'acheter. La couverture est horrible, mais passons.

Tout commence avec la mort d'une petite chatte... ou plutôt avec "l'assassinat accidentel" de cette petite chatte... puis c'est au tour d'un caniche, d'un teckel... les animaux assassinés sont de plus en plus, jusqu'au jour où notre "assassin bienfaiteur" s'en prend à la concierge de l'immeuble... Et tout s'enchaîne...
Il va alors tenter d'éradiquer tous les cons de façon très méthodique... Mais comment être bien certain que l'individu en face de vous est réellement un con ?

On s'amuse un moment, on rit, on acquiesce... mais on se lasse rapidement. C'est répétitif, de plus en plus grotesque. On n'arrive plus à rire... Et la fin n'est pas à la hauteur de ce à quoi on aurait pu s'attendre.

→ Petite déception


jeudi 27 novembre 2008

Du sang sur le sable - The midnight library (T.2)

Roman jeunesse
Du sang sur le sable - The midnight library (T.2)

Nick Shadow
Nathan, 2006 - 188 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : Bienvenue, chers lecteurs...
J'ai rassemblé pour vous la plus terrifiante collection de récits du monde. Voici trois nouvelles qui vous glaceront le sang, vous donneront la chair de poule et feront trembler vos petits os fragiles. Alors prenez votre courage à deux mains et ouvrez ce livre...
Nick Shadow
Du sang sur le sable : En vacances au bord de la mer, Sarah et John participent à un concours de sculptures en sable gagné chaque année par l'énigmatique Marchand de Sable. Quel est le secret de ces sculptures si « vivantes » ? Les deux adolescents vont très vite regretter d'avoir voulu percer ce mystère...

Deuxième tome de « The midnight library ». Le premier tome est tout simplement une catastrophe, une erreur éditoriale à n'en pas douter.

Ce deuxième opus contient également trois nouvelles. Je dois avouer n'en avoir lu que deux... Et elles sont bien moins pires que celles du premier tome. Elles sont un peu mieux ficelées, elles sont largement plus effrayantes... même si elles ne resteront probablement pas dans les annales de la littérature jeunesse.


dimanche 12 octobre 2008

L'année du déluge

Roman adultes
L'année du déluge

Eduardo Mendoza
Le Seuil (Points), 1995 - 162 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : Dans les montagnes de Catalogne, au cours d'un été marqué par des pluies torrentielles et des inondations, une passion violente et éphémère scelle le destin d'une religieuse et d'un propriétaire terrien. Attaques à mains armée, enlèvements, disparitions ponctuent ce roman bâti autour du mythe de Don Juan et dans lequel les cataclysmes de l'amour se transforment peu à peu en une douce et amère mélancolie.

L'écriture de Mendoza est toujours très agréable à lire. Elle respire la Catalogne, sa chaleur, sa torpeur... Mais l'histoire ne démarre jamais tout à fait. Le roman aurait pu être beau, l'histoire d'amour aurait pu être magnifique, éphémère, violente et puissante. Mais il n'en est rien. L'histoire ne décolle pas, les événements s'enchaînent sans véritable logique, sans véritable nécessité non plus. On s'attend à ce que les éléments relatés, au bout du compte, soient reliés entre eux... Mais là encore, il n'en est rien. On reste sur notre faim. Et la fin du roman ne relève absolument pas la déception des 130 premières pages : elle est précipitée, largement bâclée. Elle aurait méritée d'être un peu plus travaillée, un peu mieux amenée, un peu plus approfondie.

→ Il en ressort une forte frustration. Ce roman aurait pu être un petit bijou. Dommage.


vendredi 19 septembre 2008

Des princesses et des hommes

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Découverte d'une collection de romans pour adolescents aux Éditions du Rouergue... J'aime beaucoup les bouquins de cet éditeur, je me suis donc plongé dans quelques titres de la collection doAdo...


Des princesses et des hommes

Emmanuelle Delafraye
Éditions du Rouergue (doAdo), 2007 - 155 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : "J'ai seize ans, des jambes très longues, un petit paréo d'hiver ultracourt que je me suis cousu dans un vieux rideau et des jambières en velours mauve. Ma vraie famille, c'est ma mère divorcée qui pense que la peinture est la seule chose qui vaille la peine dans ce monde et mon père qui travaille tellement qu'il n'a le temps de me téléphoner que trois fois par an. Le but de ma vie ? Faire du cinéma. En attendant, ma principale occupation, c'est rêver des acteurs quand ils semblent à la fois forts et sensibles..."
Lucille n'a que des rêves de grand écran et aucun projet d'avenir. Et, quand les lumières s'éteignent, la réalité lui paraît bien pâle. Vivre des histoires de cinéma avec le voisin de palier ou faire des maths avec Vincent, y a pas photo ! Mais peut-être Vincent n'est-il pas seulement bon en maths...

Tranche de vie d'une adolescente de 16 ans, qui se réfugie dans ses rêves pour oublier une réalité un peu moins rose : une mère artiste qui a du mal à boucler les fins de mois, un père absent, des résultats scolaires médiocres. Lucille rêve, mais elle se pose aussi beaucoup de questions ; des questions sur le départ de son père, des questions sur l'amour, des questions sur le sens de sa vie. Elle est "en pleine mue", comme le lui dit la mère d'une de ses amies. Et il en ressortira une prise de conscience et quelque chose de bon...

→ Petit roman au titre prometteur, on passe un bon moment. L'écriture est agréable lire, le personnage est attachant... mais... mouaih... Je n'ai pas trop vu où l'auteur voulait en venir, je ne vois pas bien l'intérêt du livre... C'est un énième roman sur le mal-être d'une adolescente, mais pas plus...


jeudi 18 septembre 2008

Mystère rue des Saints-Pères

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Mystère rue des Saints-Pères

Claude Izner
10/18 (Grands détectives), 2007 - 282 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : Comme nombre de visiteurs du monde entier, Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères, se rend à l'Exposition universelle où la tour Eiffel, qui vient d'être achevée, trône en véritable vedette. En ce début d'été 1889, les Parisiens ont bien du mal à se frayer un chemin dans la foule qui se presse entre les kiosques multicolores, dans les allées envahies de pousse-pousse et d'âniers égyptiens... Au premier étage de la tour, Victor doit retrouver Kenji Mori, son associé, et son ami Marius Bonnet, qui vient de lancer un nouveau journal, Le Passe-partout. Mais leur rendez-vous est vite interrompu : une femme vient de s'écrouler sous le coup d'une étrange piqûre. S'ensuit une série de morts inexpliquées qui vont marquer les débuts d'enquêteur de Victor Legris...
Ces nouveaux mystères de Paris nous plongent dans la capitale des impressionnistes, ses « villages » et ses quartiers populaires.

Petit policier sympathique qui ne restera cependant pas dans les annales. On évolue, tout au long du roman, dans le Paris de la fin du XIXe siècle avec la nouvelle Tour de M. Eiffel, l'Exposition universelle, les ruelles et les petits libraires... Ce Paris est d'ailleurs super attachant.

Premier volume d'une petite série : Les Enquêtes de Victor Legris.

→ Petit roman léger et agréable, qui, même s'il s'oubliera probablement aussi vite qu'il a été lu, m'a fait passer un bon moment.

Les auteurs : Claude Izner est le pseudonyme de deux sœurs, Liliane Korb et Laurence Lefèvre. Liliane a longtemps exercé le métier de chef monteuse de cinéma, avant de se reconvertir bouquiniste sur les quais de la Seine, qu'elle a quittés en 204. Laurence a publié deux romans chez Calmann-Lévy en 1977 et 1979. Elle est aussi bouquiniste sur les quais. Elles ont réalisé plusieurs courts-métrages et des spectacles audiovisuels. Elles écrivent ensemble et individuellement depuis de nombreuses années, tant pour la jeunesse que pour les adultes. Leur goût pour l'histoire et le polar leur a donné l'idée de créer un nouveau personnage pour « Grands détectives », Victor Legris, libraire et enquêteur dans le Paris du XIXe siècle. Le premier titre de la série, Mystère rue des Saints-Pères, a reçu le prix Michel Lebrun en 203.


samedi 31 mai 2008

Aussi libres qu'un rêve

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Aussi libres qu'un rêve

Manon Fargetton
Editions Mango (Autres mondes), 2006 - 200 p.

Note : 3.5/5

Quatrième de couverture : En cette fin du XXIe siècle, l'accès à un métier est régi par la loi des Dates de naissance. Ainsi, si vous êtes né en janvier, les métiers les plus cotés vous seront proposés ; par contre, si êtes né en décembre, il ne vous restera que les métiers dont personne n'aura voulu. Silnöa et Silnëi sont sœurs jumelles, mais l'une est née le 31 décembre à 23 h 58, et l'autre dans les premières minutes de janvier ! Cela ne les empêchera pas d'unir leurs forces pour combattre la tyrannie des Dates de naissance, en compagnie de Kléano, jeune chanteur d'un groupe de rock rebelle.

L'auteur, Marion Fargetton, a écrit ce roman entre l'âge de 16 et 18 ans. L'histoire en elle-même est plutôt bien vue : fin du XXIe siècle, la société est régie par des lois ultra rigides. Le plein emploi est assuré par le fait que personne ne choisi son métier. Les naissances sont régulées, les métiers sont attribués à la maternité, suivant le mois de naissance de l'enfant. Les Janviers sont les artistes (chanteurs, acteurs ...), les Mars sont destinés aux métiers de l'écrit ... les Novembres et Décembres sont destinés aux métiers dont personne n'a voulu. La ville est sous contrôle, le président la dirige de façon dictatoriale ; les bannis sont rejetés dans un no man's land : la junky-city.
Un groupe d'adolescents rêve d'autre chose, d'un autre monde possible ... Jusqu'au jour où ils apprennent que le président a lui même transgressé une de ses lois les plus rigides : celle des Dates de naissances. Il a échangé son bébé de novembre contre un bébé de janvier afin de lui assurer un meilleur avenir ... Et la rébellion part de là ...

L'histoire est donc plutôt intéressante, mais l'écriture et les petits détails secondaires m'ont un peu laissée sur ma faim ... L'écriture n'est pas tout à fait mature, elle mérite d'être améliorée. Elle me semble un peu fade, un peu facile aussi par moments. Et on n'échappe pas aux clichés : les lits qui planent, les engins qui circulent à quelques centimètres du sol, un des petits héros qui meurt à la fin ...

C'est un livre écrit par une adolescente pour des adolescents : la révolte, l'amour idéal, le mal être dans une société qu'on veut changer, l'espoir, les idéaux ...

Mais bon, c'est un livre qui reste bien plaisant ...


jeudi 4 octobre 2007

Dracula

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Dracula

Bram Stoker
J'ai lu (J'ai lu fantastique), 2005 - 574 p.

Note : 3.5/5

Présentation de l'éditeur : En arrivant dans les Carpates, le clerc de notaire londonien Jonathan Harker est épuisé par son périple. Mais son client et hôte, le comte Dracula, a tout prévu : une chambre lui a été retenue à l'auberge pour la nuit, an attendant de rejoindre le château en calèche. Mais pourquoi les habitants du village se signent-ils avec des mines épouvantées quand Jonathan leur dit où il compte se rendre ? Pourquoi lui fait-on cadeau d'un crucifix et de guirlandes d'ail ? Malgré ces mises en garde, Harker poursuit sa route. Certes, ces montagnes escarpées, ces loups qui hurlent dans le lointain ont de quoi faire frissonner. Mais enfin, tant de superstitions au cœur du XIXe siècle ! Jonathan est un homme raisonnable...

Franchement, j'ai été assez déçue par ce bouquin. Je ne l'avais jamais lu, j'ai eu une soudaine envie de le découvrir suite à l'article de Elbereth. Elle évoquait la vie de Vlad Tepes, personnage qui a inspiré Bram Stoker pour Dracula. Je m'attendais à un bouquin bien flippant et finalement c'était pas tellement ça. J'ai flippé au départ, quand Jonathan était chez le comte Dracula, mais je me suis profondément ennuyée après. Le bouquin est écrit sous forme de lettres, c'est peut être ce qui fait qu'il n'y a pas foultitude d'actions, mais bon.

→ Bref, c'est un bouquin sympa, mais je n'y ai pas vu le chef d'oeuvre que certains y voient ... (n'en déplaise à notre ami elgJyn ...).


dimanche 9 septembre 2007

Petite Petite

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Petite Petite

M.E. Kerr
L'école des loisirs (Majeur), 1987 - 228 p.

Note : 3/5

Quatrième de couverture : "Un jour, quand ma soeur Cowboy était petite, elle m'a demandé pourquoi on ne m'avait pas jetée à la poubelle à ma naissance ; et je crois qu'elle n'a jamais cessé de se poser cette question - même si maintenant nous sommes comme cul et chemise, unies contre un monde qui ne tourne pas rond." Il est sûr que ça ne lui a pas facilité la vie, à Cowboy, d'être la soeur de la naine de la ville ! Mais naine ou pas, Petite Petite va avoir dix-huit ans, l'âge de se marier. Pour son anniversaire, ses parents organisent une fête "monstre", à laquelle ils convient le ban et l'arrière-ban des TADS (The Americans Diminutives, lilliputiens américains). Ils projettent de faire épouser leur fille par Petit Lion, l'évangéliste haut comme trois pommes ; mais un nain vedette de la télévision, le Cafard, entre en scène et brouille les cartes. La parie est serrée, et les mises aussi hautes que les joueurs sont minuscules. Qui va l'emporter ? Nul ne pourrait le dire, sauf Petite Petite, qui se tait.

→ Ouaih ... on se perd un peu par moments dans l'histoire. Pas désagréable, mais pas très prenant non plus, à la limite de l'ennuyeux. Il ne reste rien après la lecture.


mercredi 5 septembre 2007

Journal d'un chat assassin

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Journal d'un chat assassin

Anne Fine

L'école des loisirs (Mouche), 1997 - 78 p.


Note : 3/5


Journal de bord de Tuffy, un chat espiègle. Un beau jour, Tuffy est accusé du meurtre de Thumper, le lapin des voisins. Les mésaventures commencent ....

→ Petit roman plein d'humour. Léger, il se lit avec bonne humeur.

Les vacances de Lili Graffiti

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Les vacances de Lili Graffiti (Les Aventures de Lili Graffiti, Tome 2)

Paula Danziger
Gallimard Jeunesse (Folio cadet), 2003 - 114 p.

Note : 3.5/5

Présentation de l'éditeur : Moi, Lili Graffiti, je suis enfin en vacances. Elles commencent plutôt mal car, à peine arrivée en Angleterre, j'ai attrapé la varicelle. Heureusement, papa va venir me rejoindre et j'ai vraiment hâte de le retrouver. Il y a des mois que je ne l'ai pas vu - il faut vous dire que mes parents sont séparés. Ah ! les histoires de grandes personnes, c'est bien compliqué.

→ Petit roman rigolo, facile à lire.

lundi 3 septembre 2007

Dolorès, ma Dolorès

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Dolorès, ma Dolorès ou Comment faire obéir sa sorcière

Grégoire Solotareff
L'école des loisirs (Neuf), 1997 - 95 p.

Note : 3/5

Une histoire de sorcière un peu loufoque qui n'écoute rien, qui n'en fait qu'à sa tête. Mais un jour, Angélique découvre le secret de Dolorès, sa sorcière ...

→ Oui, bon, ça casse pas trois pattes à un canard mais ça reste plaisant. Solotareff, je le préfère quand même dans ses albums (Loulou, 3 sorcières, U ...)